When the “Leader–Follower” Experience Opens an Inner Space: The Living Lesson of Abbé Émile NDAYIZIGIYE
On the second day of the Regional Workshop on Peace and Social Cohesion, held
L’après-midi du deuxième jour de l’Atelier régional sur la Paix et la Cohésion Sociale a marqué un tournant décisif. Après deux jours d’écoute, d’apprentissage et de dialogue, les participants ont été invités à franchir une étape supplémentaire : passer de la parole partagée à l’action pensée ensemble.
Les femmes, les jeunes et les représentants des organisations ont formé des groupes de travail ouverts, mélangeant pays, générations et vocations. Ces espaces de co-construction ont permis d’identifier les défis communs, mais surtout d’imaginer des réponses ancrées dans la réalité des trois pays : Burundi, Rwanda et République Démocratique du Congo.
On y lisait de la concentration, de la créativité et parfois même de l’émotion tant les récits et les vécus des uns réveillaient les mémoires des autres. Ce travail en couches successives — expériences, analyses, visions — a donné naissance à des propositions qui portent déjà l’empreinte d’une région déterminée à se relever.
Le groupe des femmes a proposé une idée forte : la création d’une plateforme régionale dédiée aux initiatives féminines pour la paix.
Dans leurs propositions, on retrouve :
Les femmes ont rappelé que la paix ne se décrète pas : elle se cultive, elle s'enseigne, elle se transmet. Et dans les contextes fragiles, ce sont souvent elles qui portent les communautés.
Du côté des jeunes, l’ambition ne manquait pas.
Leur restitution s’est articulée autour de plusieurs axes structurants :
Leurs propositions résonnaient comme une réponse au constat partagé : on ne peut pas bâtir la paix sans la jeunesse, et on ne peut pas la garder sans elle.
Lorsque les groupes sont revenus en plénière, l’atmosphère a changé.
Une forme de gravité — mais aussi de fierté — s’est installée dans la salle. Chacun présentait non seulement des idées, mais le résultat de sa propre expérience, de ses blessures parfois, et de son espérance toujours.
Les restitutions ont permis de rassembler toutes les propositions, de les clarifier, et surtout de les ancrer dans une feuille de route commune.
Ce fut un moment rare : la convergence des voix.
Après les mots, il y a eu la joie.
La salle s’est transformée en un lieu de fête.
Les tambours du Burundi ont fait vibrer les murs, unissant les corps avant même d’unir les idées.
Puis les danses traditionnelles ont pris le relais : gestes amples, sourires lumineux, complicité retrouvée.
Les participants — femmes, jeunes, prêtres, représentants des CDJP, invités des trois pays — ont rejoint la scène.
Il n’y avait plus de barrières. Plus de délégations.
Juste un peuple en mouvement, célébrant la possibilité d’une région réconciliée.
C’est dans cette énergie que l’atelier s’est clôturé :
une énergie de famille retrouvée, de cultures honorées, de fraternité assumée.
L’unité n’était plus un concept.
Elle était un corps vivant, en train de danser.
Cet après-midi a marqué bien plus qu’une fin d’atelier :
il a ouvert un nouveau chapitre, celui où les idées deviennent engagements, où les engagements deviennent actions, et où les actions deviennent semences de paix.
Les participantes et participants repartent avec des propositions, mais surtout avec une certitude : la paix est possible, parce que nous la construisons ensemble.